Votre nom est-il prêt pour le web ?

À quoi sert de cultiver sa personal brand quand on s'appelle John Smith ou Pierre Martin ?

Petite illustration de la dure bataille pour l’identité numérique : Patricia Gallot-Lavallé était très bien placée dans Google sur… le mot clef Patricia. Quelle chance !

Mais, malheur, elle vient de perdre plusieurs places d’un coup. La faute au retour de Patricia Kass à l’Eurovision.

Le chanteur qui grignotait mon nom

Une simple lettre R... change tout !Moi, Julien Dorra, mon drame Google personnel, c’est que si l’on oublie un petit R à mon nom, c’est un chanteur apparu de nulle part il y a 2 ans qui occupe toutes les places….

Je vous laisse deviner lequel !

Aujourd’hui, Google a même l’impolitesse de suggérer le nom du chanteur comme orthographe correcte de mon nom…. J’ai bien sur le vague espoir qu’il passe à la trappe de l’histoire… mais cela ne semble pas au programme.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Votre personal brand ne vaut rien


Statue de... John SmithCommençons par réviser les bases de l’identité numérique avec le livret «cultivez votre identité numérique».

Ok, tout ça est bien joli, mais… à quoi sert de cultiver sa personal brand quand on s’appelle John Smith ou Pierre Martin ?

Dans un monde qui s’achemine vers la mise en ligne de tous, l’usage traditionnel des noms atteint ses limites.

L’homonymie génère de la rareté. Des ressources qui devraient être illimités — les URLs, les noms d’utilisateurs — deviennent l’objet de courses au premier arrivé, premier servi.

Il ne peut y avoir qu’un seul @johnsmith sur twitter. Premier arrivé, premier servi. Il existera peut-être des solutions techniques qui restent à inventer pour palier à cette course à la vanity url.

Mais les problèmes ne sont pas uniquement techniques. Ils sont multipliés dans la vie hors-ligne.

Homonymes multipliés par le web égal confusion


Le web augmente la portée des activités de chacun.

Si vous faîtes quelque chose, quelqu’un quelque part en sera averti. Si votre homonyme fait quelque chose… vos amis en seront averti !

Pierre Mathieu, de France Télévision, me racontait qu’on lui prêtait les activités et les productions de ses homonymes : un présentateur, un peintre, un sexologue.

Des noms sur arbre, perdus dans la forêtSes options sont minces : nier les qualités qu’on lui prête, ou se les approprier.

L’homonymie construit un Pierre Mathieu chimérique, capable de beaucoup plus que chaque Pierre Mathieu séparément !

L’homonymie peut procurer une illusion d’anonymat. Mais être pris pour un autre attire aussi son lot de gros, gros problèmes : qui a envie d’être l’homonyme d’un terroriste international ? Ou l’homonyme de la cible d’un attentat ?

La conclusion ? Le nom unique est un must pour les enfants du 21ème siècle !


Quelques conseils en vrac

  • Accolez les noms des 2 parents pour rendre le nom de votre enfant plus rare
    Martin-Smith, c’est déjà moins courant…

  • Utilisez votre deuxième prénom de manière systématique si votre nom est trop courant
    Pierre John Martin-Smith est totalement libre sur Google !

  • Attention au nom de votre conjoint: en cas de séparation vous perdez le droit de l’utiliser, sauf exception.
    Utiliser un autre nom dilue votre personnalité en ligne. Comme le font souvent médecins et avocats, utilisez votre nom de naissance même mariée.

  • Utilisez votre droit au pseudonyme et faites le ajouter à vos documents d’identité, pour l’officialiser.
    Si mon grand père “Zaki” et ma grand mère “Loleth” l’on fait, vous pouvez le faire !


Les noms occidentaux ont évolués au cours de l’histoire. Simple prénom, prénom accompagné d’une qualité ou d’un lieu d’origine, puis nom fixe et transmis aux enfants.

La présence en ligne de plus en plus d’individus va accélérer de nouvelles évolutions.

Votre nom — et celui de vos enfants — est-il prêt pour le web ?


Merci à aarmono et tonythemisfit pour les images.

English version: Is your name web-ready?

Excellent !
Merci pour ces réflexions, il est vrai que c'est plus simple pour moi de me faire un prénom... que pour mes filles qui ont un prénom plus courant...

Ah, voila bien la réflexion que je me suis faite en lisant le livre d'Olivier Zara ! car j'ai un prénom et un nom très courants... j'ai d'ailleurs déjà rencontré par hasard 2 homonymes différentes (en réel ! même pas sur le web). Je suis donc introuvable sans erreurs sur le web... si on n'utilise pas mon pseudo Oelita, que j'utilise depuis 12 ans.

Excellent article Julien !
A l'heure d'Hadopi où le législateur confond adresse IP et personne physique, il est bien temps de réaliser que nos vrais noms (comme nos éventuels pseudos) sont voués à ce paradoxe insupportable : sans visibilité sur Google, point d'existence possible ... et pourtant facilement falsifiable. Je n'ai pu m'empêcher de signer ce commentaire d'un nom qui ne m'appartient pas.
Mon vrai nom est Luc Legay. Mais qui pourrait dire que cela est vrai ?

Article très intéressant mais tout le monde sait à Paris que Pierre Mathieu est Sexologue et Psychothérapeute ;-)

En premier lieu, cela semble logique que le plus médiatisé soit le mieux représenté (plus d'actualités sur lui, plus de liens...et donc plus d'infos).

Mais Google a sans doute bien fait son travail, mis en avant l'animateur durant la sortie de son clip qui a cartonné mondialement, puis petit à petit replacer les choses dans la normale.

De La Souris Verte, agence de communication.
.

Merci pour vos commentaires !

Ils me font penser que nous revivons une phase de "qualifications" des noms -- via les moteurs de recherches et les cartes d'identités web, pas le registre officiel !!

En ajoutant le métier ou d'autres qualificatifs comme la ville, l'entreprise, l'identité devient beaucoup plus précise.

Boucher, Dupont, etc. sont des noms qui, au départ, étaient de simples qualités.

Puis ils sont devenus des identifiants abstraits.

Dorénavant, appelez Pierre Mathieu :
«Pierre Mathieu-France-Télévision»

;-)

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